Conférences de l’année 2018

Retrouvez sur cette page le programme et les présentations des conférences données à la Société française d’héraldique et de sigillographie au cours de l’année 2018 (Paris, CARAN – 3e jeudi du mois, de 17h à 19h).

Jeudi 18 janvier 2018 – Conférence de Miguel de Seixas (Universidade Nova de Lisboa), Palimpsestes héraldiques post coloniaux : effacement et réécriture des armoiries royales de Portugal et impériales du Brésil à Bahia, XIXe-XXe siècles. Depuis l’arrivée des Portugais au Brésil en 1500, le territoire fut semé de marques héraldiques qui constituaient un instrument d’appropriation de l’espace et de construction symbolique de la société coloniale. Cette présence fut particulièrement importante dans la ville de Salvador, à Bahia, siège du gouvernement-général dès sa création en 1549 jusque 1763, quand la capitale fut transférée à Rio de Janeiro. Ces vestiges héraldiques de la souveraineté portugaise furent naturellement l’objet d’effacement après l’indépendance brésilienne en 1822 ; ils furent remplacés par les nouvelles armoiries de l’Empire. Celles-ci furent, à leur tour, effacées après la proclamation de la république en 1889. Mais les traces de ces palimpsestes subsistent en de nombreux lieux. Elles nous permettent de retracer l’effacement et la réécriture, parfois sur plusieurs couches, de l’héraldique royale portugaise et impériale brésilienne jusqu’à nos jours.

Jeudi 15 février 2018 – Conférence de Christian de Mérindol, « Emblèmes et symboles royaux – Louis IX et le Roman des roys de Primat de Saint Denis ».
Jeudi 15 mars 2018 – Conférence de Dominique Delgrange, « Martin Doué (actif à Lille vers 1620). Peintre en armoiries et poursuivant d’armes ».
Jeudi 17 mai 2018 – Conférence de  Pierre Mollier, Directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France, conservateur du musée de la Franc-Maçonnerie, « L’imaginaire chevaleresque dans la franc-maçonnerie et ses représentations emblématiques et héraldiques ».
Jeudi 21 juin 2018 – Conférence de Ekaterina Nosova (Institut d’histoire de Saint-Petersbourg), « La collection de l’académicien russe Nicolaï Likhatchev (1862-1936) : aspects sigillographiques et héraldiques », suivie de la conférence de Emmanuel Roumier, « L’emblématique bourguignonne des XIVe et XVe siècles à travers les sceaux de l’élite ». Les Archives départementales de la Côte d’Or conservent un ensemble d’environ 15 000 empreintes de sceaux, les premières datées de la fin du XIIe siècle, les dernières de l’époque contemporaine, mais la plupart comprises entre 1300 et 1500. Les 3000 empreintes récemment répertoriées et décrites dans le cadre d’un travail d’archivage et de reconditionnement ne constituent certes qu’un échantillon de cette masse documentaire potentiellement exploitable, mais, ajoutées aux notices (qu’elles reprennent en partie) effectuées par Auguste Coulon dans son Inventaire des sceaux de la Bourgogne publié en 1912, elles constituent un corpus intéressant, renseignant sur l’usage du sceau en Bourgogne au Moyen-Âge. L’originalité de ce corpus tient à la prise en compte d’un maximum de sceaux, sans considération de la dignité de leur porteur. En-dehors des sceaux des rois, reines, ducs, duchesses et grands dignitaires, connus et déjà étudiés par ailleurs, des centaines d’empreintes d’officiers, de petits nobles, bourgeois, notables ont été mises au jour, ce qui permet d’approcher les pratiques sigillaires d’un groupe social à la définition floue, pas nécessairement bourguignon, mais qui gravite dans l’entourage du duc, remplit des fonctions à la cour ou dans l’administration du duché et tente d’accroître sa fortune, dans le cadre de l’affermissement de la puissance bourguignonne à la fin du XIVe siècle et au XVe siècle. Il reste à faire une étude emblématique approfondie de ces sigillants : la perception qu’ils ont d’eux-mêmes se matérialise, sur ce support juridique qu’est le sceau par la combinaison de signes héraldiques et para-héraldiques renvoyant à leur famille, leur office ou leur statut. A partir de sources d’apparence commune – des petits sceaux appendus à des quittances – il devient possible d’approcher les modes de représentations d’un groupe à la fois homogène par son mode de vie et hétérogène dans son emblématique.
Jeudi 22 novembre 2018 – Conférence de Christiane van den Bergen-Pantens (Centre international de codicologie (asbl), Bibliothèque royale Albert Ier(Bruxelles) : « L’armorial de poche du temps de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, à la Bibliothèque royale Albert Ier de Bruxelles (ms KBR iv 1249). ».
 

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